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Tatouage Japonais
avril 26, 2020

Le tatouage japonais : entre art et illégalité

5 minutes de lecture

Longtemps associé au crime organisé japonais (avec les yakuzas), le tatouage reste relativement mal perçu au pays du soleil levant. Encore aujourd’hui interdit en certains lieux (comme les bains publics), le tatouage est aussi un art traditionnel nippon connu à travers le monde. Il influence le tatouage occidental et tend à se démocratiser dans son pays d’origine, même si du chemin reste encore à parcourir. 

Tentons d’éclaircir la situation sur le tatouage japonais : entre art et illégalité

L’histoire du tatouage au Japon

Irezumi tatouage japonais traditionnel

La pratique du tatouage au Japon est la somme de rituels vieux de plusieurs milliers d’années. Bien avant notre ère, on retrouve des traces du tatouage dès l’époque Jômon (entre l’an 14 000 et 300 avant J-C). C’est dans les tribus aïnous (îles Ryukyu) que le tatouage fait son apparition. Pratiqué essentiellement chez les femmes, le tatouage habillait le visage. Il était représentatif de choses comme le statut social ou la maturité sexuelle. On prêtait aussi au tatouage des vertus thérapeutiques.

C’est ensuite lors de la période Yamato (du IIIe au VIIIe siècle) que le tatouage prend plus d’importance. On le retrouve sur des statuettes qui auraient eu pour rôle d’accompagner les défunts dans l’au-delà. C’est au VIe siècle que le Bouddhisme (de Bouddha) et plus largement la culture religieuse japonaise commence à dénigrer le tatouage. L’aristocratie nippone était en effet très influencée par la culture chinoise, qui écartait les membres fautifs de leurs communautés en leur tatouant le visage à l’image de leur crime.

Tatouage japonais ancien

C’est à l’époque de Nara (de l’an 710 à l’an 794) que le tatouage est réglementé. Seuls portent le tatouage : les hommes de haut rang et les criminels. Les tatouages des hors la loi étant très visibles, ils devinrent vite leur marque de fabrique. Les criminels (bakutos) étaient appelés “eta” ou bien “hinin”. Par la suite, l’époque Sengoku (XVe/XVIe siècle), le tatouage fut porté par les guerriers, notamment les samouraïs japonais. Ils permettaient que l’on reconnaisse leurs corps, tatoués du motif de leur clan.

L’époque d’Edo (1600-1868) marque un tournant dans l’évolution du tatouage. On en distinguait alors trois types : le tatouage décoratif (ornemental), de corporation ou bien pénal. Il était porté chez les japonais par les pompiers (dragon, protecteur aquatique du feu) ou encore par les prostituées (yujos) et les geisha. L’irebokuro et le kishibori ont été des tatouages de cette époque consistant en le nom d’un amant ou d’un amour. Considérés comme dégradants, ces tatouages interdits le furent sous le gouvernement Tokugawa.


Kimono Homme

Très vite, le tatouage s’est répandu parmi les gens du peuple. Il leur était en effet interdit de porter des vêtements au dos orné de motifs (réservés aux personnes importantes), le tatouage décoratif semi-intégral ou intégral prit alors la place des kimonos nippons des personnes de haut rang. Le tatouage punitif de la criminalité (bokukei ou bokkei) fut interdit sous l’ère Meiji (1868-1912) ainsi que les autres tatouages, en 1870. La mode occidentale était alors la norme à adopter. Il ne sera de nouveau légalisé qu’en 1945. 


Motifs et symboliques du tatouage japonais

Motif irezumi tigre

Le tatouage traditionnel nippon (Irezumi ou horimono), possède plusieurs motifs et symboles qui possèdent chacun leur signification. Le tatoueur japonais (horishi) est un artiste, et parmi les symboles les plus retrouvés dans le tatouage japonais traditionnel il tatoue notamment des carpes. La carpe (carpes koï) est le symbole du courage, valeur centrale dans le Japon traditionnel.

L’art nippon utilise le tatouage fleur de cerisier afin d’exprimer le fait que la vie soit éphémère (tout comme le papillon), aussi, la détermination est représentée par le chrysanthème et la richesse par les pivoines. Parmi les fleurs japonaises tatouées, on retrouve aussi le lys, le tatouage fleur est assez présent pour représenter la nature (tout comme le bambou). Mais le symbole le plus représentatif du Japon dans l’inconscient collectif reste sans doute le dragon japonais.

dragon tatouage japonais traditionnel

Il est au Japon le symbole de la force et de la sagesse, il représente aussi un protecteur pour les humains. La couleur des dragons a aussi son importance (notamment chez les mafieux), un dragon noir représente l’expérience, un vert la nature et un couleur or la valeur. Le phœnix est l’image de la renaissance et du triomphe, mais aussi de la rédemption. On trouve aussi parmi les motifs de tatouage japonais le serpent, qui est généralement représentatif de bonne santé, mais aussi possiblement de mauvaise fortune.

Le samouraï peut aussi être un motif de tatouage, il découle du bushido ancestral. Le masque Oni est aussi un symbole répandu, il représente le code de conduites auquel se tenir. Comme symbole de protection, on retrouve le tigre. La tête de mort est arrivée plus tard dans le tatouage nippon, elle représente simplement le cycle de la vie. Le chien Foo (ou chien lion) est un motif connu, il symbolise le gardien des temples, censé protéger de l’enfer et du danger.

Tatouage nippon eau fleur papillon

Venu des samouraïs, on retrouve le tatouage représentant une tête coupée, il est symbole d’intrépidité mais aussi le respect de l’adversaire et plus largement le respect d’autrui. La feuille d’érable est représentée en tatouage pour symboliser le temps qui passe et la fleur de lotus les épreuves de la vie.

Enfin, l’eau dans les tatouages japonais traditionnels est un motif quasi constant, elle est le symbole de la vie mais aussi celui de la force de la nature, bien supérieure à celle de l’homme. La calligraphie est aussi pratiquée sur les personnes tatouées, la signification des tatouages est alors vaste. 


Le tatouage dans le Japon actuel

Tatouage Japon couleur

La mafia japonaise pratiquait l’art du tatouage sur l’épiderme de bien des parties du corps (nuque, bas du dos, poignet, torse, avant-bras, bras…) et la connotation de ce rite reste ancrée dans la société japonaise bien que cette tradition se soit perdue. Avec l’influence de la mode occidentale, le port du tatouage tend à se démocratiser parmi les jeunes japonais, bien que cela reste encore marginal et même interdit dans plusieurs lieux publics. Même si l’image du Yakuza s’éloigne de celle du tatouage, les significations des dessins que les personnes se font tatouer sont encore très présentes.

Se faire tatouer dans la culture japonaise (et plus largement asiatique) reste une pratique réservée à certains artistes tatoueurs. L’encre, les pigments et les aiguilles utilisés ont évolué depuis la pratique de cet art traditionnel dans le Japon ancien pour laisser place à des façons de faire plus réglementées (machine à tatouer). Le pays du soleil levant garde tout de même un rapport très complexe au tatouage.

Femme tatouée japonaise

Alors qu’en Occident, les tatoueurs sont reconnus, ont des boutiques bien visibles et font de la publicité, les tatoueurs japonais sont relativement cachés, et si l’on veut une peau tatouée mieux vaut se fier au bouche à oreille. Toute personne s’étant fait tatouer au Japon se rend bien compte de cette réalité. Les tatouages traditionnels se font aussi de plus en plus rares et sont l’exclusivité de certains passionnés, venant parfois de l’autre bout du monde pour faire pratiquer ce rituel douloureux par un maître du tatouage japonais.

Ainsi, on voit apparaître au Japon aussi des tatouages éphémères, de l’aquarelle, du mandala, de l’art réaliste, des tatouages celtiques mais aussi de l’art corporel polynésien ou encore tribal. Cependant, le tatouage dragon reste une constante, même parmi les nouvelles vagues de tatoueuses et tatoueurs japonais. C'est un symbole notamment arboré parmi les articles de mode actuels, comme les sweats japonais ou encore les kimonos cardigan, très en vogue.

Kimono Cardigan

Cependant, peu importe leur style, aujourd’hui encore, les personnes tatouées au Japon se voient refuser certains accès et, bien que cela tende à changer lentement, sont aussi handicapées sur les plans professionnels et personnels, en raison du jugement commun nippon.



Bien que longtemps controversé voire interdit, le tatouage se répand petit à petit dans les rues japonaises (principalement dans les grandes villes telles que Tokyo ou Osaka). Les dessins de style japonais se sont même exportés en occident et dans le monde, élevant les tatouages nippons au rang d’oeuvre d’art hors des frontières japonaises.


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