COVID-19: Livraison assurée dans le monde entier !*

0

Votre panier est vide

Tete de Mort au Japon
mai 15, 2020

Les têtes de mort au Japon

9 minutes de lecture

Au Japon comme partout dans le monde, les têtes de mort sont une image forte. Elles peuvent signifier beaucoup de choses, mais dans la culture nippone, la tête de mort à une longue histoire. Des guerres anciennes menées par les samouraïs à l’art moderne, elles ont incarné bien des symboles, et continuent d’être largement arborées de nos jours, de la mode vestimentaire jusqu’au tatouage.


Découvrons ensemble leur histoire et leur univers avec cet article sur les têtes de mort au Japon, rédigé en partenariat avec Crâne Faction, une boutique tête de mort


La mort au Japon

Crâne mort Japon livre

La tête de mort, représentation du crâne humain, incarne sans conteste l’image de la mort. Au pays du soleil levant, le rapport à cette idée de mort est assez singulier. Il a évolué à travers les âges mais a gardé deux constantes : la mort n’a jamais été sacralisée et le suicide a toujours été socialement valorisé. Cette tête de mort, partie du squelette humain, s’invite dans les œuvres d’art du monde entier. Appelée Vanité en Occident, la tête de mort la plus connue est sans doute celle du jour des morts de la culture mexicaine (“dia de los muertos”), avec ses crânes colorés, fleurs colorées sortant des orbites. Mais ces illustrations sont dépendantes du rapport à la mort de la culture qui les créé, qu’en est-il donc au Japon

 


Un rapport à la mort nippon très particulier

Une révolution silencieuse est en train de se produire dans les attitudes et les pratiques concernant la mort et l'enterrement au Japon : des changements frappants qui mettent en lumière non seulement la façon dont les japonais d'aujourd'hui perçoivent la mort, mais aussi la vie et les relations qui la sous-tendent. Ces dernières années, les japonais ont adopté une approche beaucoup plus diversifiée de l'enterrement de leurs morts, ce qui suscite une grande inquiétude chez ceux qui profitent des dispositions traditionnelles, à savoir les temples bouddhistes et les salons funéraires.

Enterrement bouddhiste temple rites mortuaires japonais

Mais pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui, jetons un bref regard sur le passé. Chaque culture a sa propre façon de traiter les morts, en s'appuyant sur des rituels et des croyances qui peuvent remonter à des millénaires. La culture  japonaise ne fait pas exception à la règle. C'est à l'époque d'Edo (1603-1867) que les coutumes funéraires des gens du commun ont pris une forme que nous reconnaissons aujourd'hui. Auparavant, l'élimination des cadavres était généralement laissée entièrement à la famille.

Dans certains districts, en particulier dans l'ouest du Japon, les corps étaient soit enterrés dans des tombes peu profondes, qui servaient à maintes reprises de fosses communes, soit simplement jetés au bord d'une rivière. Il existe même un mot pour ces "tombes", sutebaka, qui vient de deux mots : suteru, qui signifie "abandonner ou jeter", et haka, qui signifie "tombe".

crâne fleur de lys coutume funéraire Japon

Une chose est importante à signifier : la peine de mort s’applique toujours au Japon. Bien que dans les faits elle ne soit presque plus pratiquée (et uniquement par pendaison, non plus par poison), cela en dit tout de même assez long sur l’état d’esprit des japonais face à la valeur de la vie : elle doit se mériter par une bonne conduite.

 


La grande part du suicide au Japon

Il existe une tolérance culturelle importante à l'égard du suicide, qui a été "élevé au niveau d'une expérience esthétique" grâce à des expériences culturelles et sociales communes à de nombreux japonais. Cette tolérance culturelle peut découler de la fonction historique du suicide dans l'armée. Dans le Japon féodal, le suicide officiel honorable (seppuku) chez les samouraïs (guerriers japonais) était considéré comme une réponse justifiée à un échec ou à une défaite inévitable au combat. Traditionnellement, le seppuku consistait à s'ouvrir le ventre avec une épée. Le but était de libérer l'esprit du samouraï sur l'ennemi et d'éviter ainsi une exécution déshonorante et une probable torture de la part d'un ennemi.

Mort Seppuku Hara kiri suicide samouraï japonais

Aujourd'hui, les suicides d'honneur sont également appelés hara-kiri, littéralement "tranchage du ventre". Aussi, pour les japonais, l'acceptation et le conformisme passent avant l'individualité, la valeur d'une personne est associée à la façon dont elle est perçue par les autres, l’image de soi est donc fragile : la probabilité du suicide est accrue. Bien que la culture japonaise ait historiquement permis des opinions plus tolérantes sur la moralité et l'acceptabilité sociale du suicide, la croissance rapide du taux de suicide depuis les années 1990 a accru l'inquiétude du public.

Un phénomène particulièrement inquiétant est celui de shinjū (pactes de suicide) qui se forment entre des individus. Si le concept de suicide collectif est également présent dans la culture japonaise, le traditionnel shinjū diffère du suicide collectif moderne car il se produit entre amants ou membres de la famille plutôt qu'entre étrangers. Une autre différence est que le consentement mutuel de ceux qui meurent par shinjū historique n'était pas requis. En d'autres termes, certaines formes de shinjū pourraient être considérées comme des "meurtres-suicides" dans les cultures occidentales plutôt que comme des suicides.

Têtes de mort crânes japonais

Ces shinjū modernes n'ont pas reçu le même niveau de tolérance qu'un suicide d'honneur (seppuku ou hara-kiri) de la part des médias japonais. Le suicide collectif sur internet a généralement été présenté comme un acte irréfléchi et impulsif par les médias, car il semble qu'il n'y ait aucune raison impérieuse pour que des individus concluent de tels pactes. En revanche, le seppuku remplit une fonction spécifique : préserver l'honneur japonais plutôt que de mourir aux mains d'un ennemi.

Dans l'ensemble, l'inquiétude du public moderne face à l'augmentation du taux de suicide au Japon a eu tendance à se concentrer sur le suicide en tant que problème social plutôt que de santé publique. La distinction ici est que la culture japonaise met l'accent sur l'inadaptation à la société, qui jouerait un rôle plus important dans la décision d'un individu de se suicider qu'une psychopathologie. En outre, la stigmatisation entourant les soins de santé mentale existe toujours au Japon. La mort valorisée semble tenir une meilleure place.



L’expression des têtes de mort japonaises

Tête de mort kamikaze drapeau Japon

L’histoire du rapport à la mort au Japon est très particulière et ce concept est très ancré dans la culture nippone. Les têtes de mort, flagrantes illustrations de ce phénomène, se déclinent sous bien des formes, que ce soit dans la mode japonaise (sur les vêtements et accessoires), dans les articles de décoration ou bien même dans les tatouages nippons. Alors que l’Occident se contente souvent d’afficher des têtes de mort pour Halloween, découvrons que ce n’est pas le cas au Japon.  

 

La tête de mort dans les articles de mode japonais

Pourquoi une telle importance de la tête de mort dans la mode ? Le crâne est probablement l’un des premiers motifs utilisés pour la personnalisation de vêtements. Il se trouve que des vestiges des premiers hommes montrent qu’ils conservaient les crânes des défunts, les “têtes des morts” à proprement parler (pièces de squelettes), notamment pour en faire des bijoux. Personne ne saura vous dire réellement d’où provient cette fascination pour cette symbolique de la mort, mais une chose est sûre, c’est un symbole universel en ancestral. Dans les articles de mode, on retrouve la tête de mort, l’os du crâne, représenté de nombreuses manières.

Démocratisé par la mode gothique nippone, ce symbole prend aujourd’hui de multiples formes, que ce soit dans un style sombre, dans un style géométrique (image vectorielle), qu’il soit illustré de manière colorée (mexicaine), cartoon ou bien au contraire très trash. Au Japon notamment, il est très présent dans l’univers manga et la culture geek, emblème du pays du soleil levant. Les articles de mode japonais sont donc très marqués par cette culture, on retrouve entre autres des accessoires tels que des masques anti-pollution ornés de têtes de mort, mais aussi des masques japonais floqués de symboles manga faisant référence à la tête de mort.

Gothique japonais geisha tête de mort

Cependant, l’article de mode le plus souvent rencontré reste le tee-shirt tête de mort. On en retrouve des centaines de déclinaisons, toutes plus créatives et expressives les unes que les autres. Son importance au Japon est telle qu’elle s’inscrit sur des articles de mode traditionnels revisités, comme le kimono cardigan, très en vogue. On en retrouve aussi sur le sweat à capuche japonais (souvent en couleur noir, ou noir et blanc), indémodable.


Le crâne revient aussi à ses origines, à savoir la fabrication de bijoux, dans des collections d’inspiration gothique, on encore punk : la bague tête de mort reste un incontournable du style (souvent en acier inoxydable), quelle que soit la partie du monde où vous vous trouvez, y compris au Japon. Bien entendu, la présence de la tête de mort dans la mode, surtout au Japon, s’étend au delà des articles basiques, on la trouve sur des boutons de manchette mais aussi dans l’univers de la boucle de ceinture, du bonnet, du bandeau, du pendentif, du foulard, du bracelet en cuir, de la casquette, du bandana, du serre-tête : vous l’aurez compris, de tous les accessoires de mode qui peuvent démarquer l’individu.

Bague Demon Japonais

On constate bien dans cette expression japonaise de la tête de mort une différence flagrante avec nos coutumes occidentales. Quand en Occident, le crâne dénudé est l’apanage de celui qui se veut guerrier, des bikers (à moto, les motards), souvent associé au tribal ou à quelque chose d’effrayant et de morbide, le Japon entretient un rapport beaucoup plus sain et réel avec ce symbole et n’en perd pas le sens premier. 

 

La décoration tête de mort au Japon

Le Japon est un pays à l’imaginaire riche et aux styles vestimentaires variés, souvent inspirés du cosplay, notamment chez les jeunes marqués par la culture geek. La tête de mort a donc sa place dans cet univers et cela dépasse les simples limites de l’habillement. La décoration aussi adopte la tête de mort. Le rapport singulier que les nippons entretiennent avec la mort en fait un motif privilégié dans les articles de décoration. Que la tête de mort soit représentée de manière sobre ou au contraire provocante, on ne peut s’empêcher d’imaginer qu’elle fait partie intégrante d’un corps, autrefois vivant. Dans l’inconscient collectif japonais, cette représentation fait aussi appel aux esprits des personnes disparues, très présents, surtout dans le cadre de la famille, concept très important dans la culture et la société nippone.

Décoration japonaise tête de mort guitare

C’est ainsi que l’on retrouve dans les habitations des articles de décoration faisant appel à ces sentiments, tels que des bibelots, ou encore des tableaux tête de mort, tout aussi variés. Même si la décoration des intérieurs japonais reste dans l’ensemble très simple et très sobre, ces tendances tendent à se démocratiser dans les générations actuelles. On trouve de plus en plus de figurines, assiettes, gravures, stickers (autocollant) et cendriers pour des décorations tête de mort mais aussi de l’origami et de l’art décoratif plus ancré (statuette, totem), pour la décoration d’intérieur, notamment murale. De ces articles en découlent aussi d’autres pour décorer les intérieurs avec l'image de la faucheuse, symbole proche de la tête de mort.

 


Le Japon et les tatouages têtes de mort

Si la drapeau pirate reste pour certains l’image qui vient à l’esprit quand on parle de tête de mort, ce n’est pas le cas de tout le monde. Se le faire tatouer, même de manière fluo ou multicolore, reste un acte à ne pas prendre à la légère. Dans la culture nippone, le tatouage (irezumi) est très présent depuis toujours te sa place est incontestable. Longtemps associé au crime organisé japonais (yakuza), le tatouage au Japon reste une véritable institution et les œuvres réalisées par les artistes tatoueurs nippons sont sans égal.

Tatouage nippon tête de mort

Les motifs de crânes symbolisent la mort et le danger dans la plupart des cultures, mais dans les tatouages japonais, ils symbolisent l'appréciation de la vie et du cycle de vie ou le concept de yin et yang. Un tatouage de crâne rappellera toujours au porteur et au spectateur la valeur de la vie, l'aspiration à une vie pleine et entière et l'acceptation de l'inévitabilité de la mort. Les crânes peuvent également représenter des êtres chers décédés. C’est ainsi que la tête de mort se décline sous différentes formes dans les tatouages japonais.

Les dragons japonais notamment, symbole le plus représenté dans la tatouage japonais, prennent souvent sous la main du tatoueur des aspects terrifiants, avec un visage rappelant la tête de mort. On retrouve aussi des symboles dans le tatouage nippon qui se rapprochent de cette idée de tête de mort, on peut en citer plusieurs à titre d’exemple. Ainsi, alors que Fujin est le dieu du vent, Raijin - son frère rival - est la divinité shintoïste de la foudre et du tonnerre. Il est souvent représenté battant sur des tambours pour rugir dans le ciel alors que les éclairs s'envolent de ses extrémités. Selon la légende, les deux frères sont de nature combative et le temps orageux est le résultat de leurs interminables chamailleries.

Tatouage symbole japonais irezumi

On retrouve aussi le tatouage Karajishi ou chien Foo. Souvent appelé "roi des bêtes", le Karajishi ou "lion gardien" est une autre image populaire du folklore japonais traditionnel. Des statues de ces créatures mythologiques ressemblant à des lions ont traditionnellement été placées à l'entrée des palais et des temples pour chasser les mauvais esprits, ce qui en fait des symboles bien connus de courage et de tutelle. Il prend souvent des formes assez impactantes, faisant penser à un revenant. Ses airs de créature possédée par une force supérieure et son pouvoir sur les esprits rappellent l’importance de la mort et des esprits des défunts dans la culture nippone, et donc des têtes de mort qui incarnent ces entités. Le tatouage tête de mort est donc très présent, qu’il dépende du mouvement de tatouage old school ou non : la forme de la tête humaine reste une constante.



La tête de mort est de manière incontestable très présente au Japon. La tête de mort japonaise se décline sous bien des formes pour incarner les esprits des défunts ou encore pour rappeler l’importance de la vie. Dans ce pays où la mort est souvent glorifiée, notamment au travers du suicide rituel, la tête de mort joue un rôle de médiation crucial entre le monde réel et l’au-delà de l’imaginaire nippon. Pour preuve de l’importance de la tête de mort au Japon, l’existence du Skull Museum (“musée de la tête de mort”) à Amagazaki.


Laisser un commentaire

Les commentaires sont approuvés avant leur publication.


Voir l'article entier

Akira Retrospective sur l Avenir
Akira : rétrospective sur l'avenir

septembre 18, 2020 10 minutes de lecture

Le grand classique du cinéma nippon débarque de nouveau dans les salles obscures en cette année 2020 : l'occasion de (re)découvrir l'histoire d'Akira.
Top 12 Lieux Insolites Japon
Top 12 des lieux les plus insolites du Japon

septembre 13, 2020 8 minutes de lecture

Le Japon est un pays riche de sa culture et de son patrimoine. Découvrez qu'il ne manque pas de lieux curieux à visiter pour pimenter votre voyage nippon.
Hotel Capsule a Tokyo l Hebergement
Hôtels Capsule à Tokyo : hébergement minimaliste & économique

septembre 13, 2020 9 minutes de lecture

Vous ne savez pas où dormir lors de votre séjour au Japon ? Vous souhaitez vivre une expérience nippone unique et typique ? Découvrez les hôtels capsule !